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L’oméga divergent – First Chapter

Chapitre 1

Derick

Derick lâcha les valises qu’il portait afin d’ouvrir la porte ; immédiatement, il oublia leur existence alors que son loup se tendait en lui, empressé de retrouver leur compagnon. Il sut qu’il était dans de beaux draps à la seconde où il franchit le seuil et sentit qu’il n’y avait personne d’autre à l’intérieur. Ayant refermé derrière lui d’un coup de pied, les semelles de ses chaussures cliquetèrent sur le sol de marbre tandis qu’il traversait le rez-de-chaussée du manoir en quête de son mari. Son nez se mit à remuer sévèrement lorsqu’il flaira la piste de Lane.

Le salopard !

Pourquoi ne m’a-t-il pas appelé ?

En dépit des quarante années qui les unissaient, l’odeur de Lane pouvait encore envelopper Derick dans un cocon de luxure à lui en faire flancher les genoux. Une de ses mains palpa son érection soudainement lancinante, cherchant à en réajuster la position dans l’espoir que cela atténuerait au moins une partie de la douleur qui sourdait en lui en réponse aux chaleurs de son compagnon.

Quand il atteignit le sommet de l’escalier, son souffle se coupa, prisonnier de sa cage thoracique. Le parfum y était si fort que ses doigts se mirent à trembler tandis qu’il arrachait le veston de son costume en cachemire et le jetait par terre sans vergogne, tel un vieux chiffon. Sa chemise connut le même sort, révélant une vaste étendue de muscles couverts de tatouages et d’une toison argentée.

Il trébucha en essayant d’enlever ses mocassins, aussi s’arrêta-t-il le temps de se libérer du reste. Enfin déshabillé, happé par le brasier du puissant désir qui chauffait le sang dans ses veines, Derick se précipita vers leur chambre.

Un unique pas dans l’embrasure suffit à lui arracher un grognement guttural. Son loup jaillit à la surface, avide de son compagnon. Malgré toutes ces décennies ensemble, la vue d’un Lane nu et haletant de plaisir ne cessait jamais de le toucher en plein cœur, que ce soit en accélérant sa cadence ou en le faisant gonfler d’une fierté toute possessive à l’idée que cet homme lui appartenait.

— Tu es en retard ! pantela Lane en le regardant par-dessus son épaule.

Sous ses paupières alourdies, ses prunelles lubriques l’imploraient de lui concéder ce dont il avait besoin. De lui donner tout ce qu’il avait à donner. Une fine patine de sueur perlait sur sa peau dorée. Cela signifiait que ses chaleurs n’avaient commencé que depuis peu de temps, même si ses hanches ne cessaient de se balancer d’avant en arrière, attirant de ce fait l’attention de Derick sur le godemichet gargantuesque fourré entre ses fesses luisantes.

Les lumières tamisées au-dessus de leur couche l’auréolaient, offrant un véritable spectacle pornographique en direct, qui ne servit qu’à amplifier les ardeurs du métamorphe. Une lueur malicieuse s’empara de son regard à mesure que la croupe de Lane se contractait et s’agrippait à la réplique exacte de son chibre.

Un gémissement jaillit de Lane, semblable au grognement de Derick à son arrivée. Ce dernier s’approcha à grandes enjambées de l’énorme lit magnifiquement sculpté ; le jour où Lane l’avait trouvé dans une brocante, il avait décidé qu’il devait absolument le posséder.

— Ça ne t’a pas empêché de commencer sans moi, visiblement ?

Lane fronça les sourcils en détectant sans peine son inquiétude.

— Arrête de culpabiliser, cingla-t-il d’un ton fiévreux.

Il vacilla de tout son long lorsque le bras avec lequel il soutenait son poids faiblit.

— On sait… tous les deux… qu’il est impossible de prédire l’arrivée de mes chaleurs, reprit-il entre deux geignements ou glapissements pendant qu’il continuait de chevaucher le phallus moulé.

À son inspiration suivante, le membre de Derick pulsa, lui insufflant un besoin désespéré de s’enfoncer dans son mari sans lui enlever le godemichet. Il posa un genou sur le matelas, son esprit retraçant aussitôt la dernière fois où Lane avait eu son œstrus. Ces périodes ne survenaient plus aussi fréquemment à mesure qu’ils vieillissaient, sans que leur intensité diminue pour autant quand elles se manifestaient. C’était de cette imprévisibilité que son époux tirait le plus de souffrances et pour cela Derick se tourmentait lors de ses voyages. Lane devait le subir seul, et oui, la culpabilité que cela engendrait lui bottait royalement le cul.

— C’est arrivé d’un coup, pantela Lane qui maintenait les va-et-vient du jouet aux veines saillantes dans son fondement.

Un bruit de succion obscène retentit ; Derick sentit ses cuisses se tendre comme il tentait de retenir le nœud qui cherchait à gonfler avant même qu’il ait pu pénétrer Lane. Fichue vieillesse, encore !

— Pas eu l’temps d’t’appeler. Putain, mais arrête de me mater et défonce-moi comme j’en ai besoin, gronda Lane.

Bien que l’alpha soit censé porter la culotte, l’enthousiasme manifesté par le loup et la queue de Derick face à cette injonction tournait cette théorie en dérision totale.

Son petit oméga était le patron, et ce, depuis l’instant précis où Derick l’avait vu approcher, avec ses airs d’ange à qui on aurait donné le Bon Dieu sans confession. Le ciel soit loué : les apparences étaient parfois trompeuses.

Il repoussa doucement la main de Lane, attrapa le godemichet et l’extirpa. Il le jeta négligemment sur le lit, sans jamais détourner le regard de l’anneau de muscles qui ne se referma pas complètement, l’incitant à vouloir le déguster.

Derick baissa la tête, pressé de goûter au piquant de ce mets auquel il était devenu accro bien des décennies auparavant. Son nez descendit le long de la raie, humant pleinement la richesse de son fumet. Un gémissement jaillit des profondeurs de sa poitrine, sa main fusa aussitôt vers son entrejambe afin de saisir la base de son sexe et de le serrer douloureusement. Il mit à profit les fluides de Lane pour s’en badigeonner les doigts, dont il se servit ensuite pour oindre le contour détendu de son canal, qui se contracta autour de ses phalanges.

— Cherche pas à m’émoustiller, putain, donne-moi juste ce qu’il me faut.

La supplique de Lane était à peine audible tant son souffle était saccadé.

Il le fourra au plus loin qu’il put. Les parois de chair convulsèrent violemment, envoyant des palpitations jusque dans le membre suintant de Derick. Il étira sa langue et l’enfonça davantage tout en l’agitant, parfaitement conscient que Lane adorait ça. Tout particulièrement quand il la passait sans relâche sur sa prostate, comme c’était le cas en cet instant.

Lane gémit, se tortilla et accéléra la cadence avec laquelle son bassin se balançait contre le visage de Derick, comme s’il tentait de s’empaler sur sa tête.

— Suffit pas… j’brûle de l’intérieur… mon corps a besoin de toi… baise-moi !

La fièvre s’abattit sur lui avec la force d’un coup de masse, éclipsant tout le reste. Son intensité le rendit aussi désespéré que Lane. Les joues ruisselant de sueur, il s’écarta de ce dernier. Chaque aspiration le noyait dans le musc de son compagnon et arrachait à son loup un grondement approbateur. Ses crocs apparurent tandis qu’il retournait sans mal Lane sur le dos, car il lui fallait absolument voir son visage lorsqu’il le posséderait. Sentir les spasmes de son fondement quand il recevrait son nœud.

Les cheveux ébouriffés de Lane, blonds tirant sur l’argenté, collaient à sa peau perlée de sueur. Ses yeux bleu d’eau s’emplirent d’une ardeur qui incita Derick à entrer en rut. Il lui était impossible d’y résister, malgré sa nécessité personnelle de chérir son mari tel qu’il le méritait.

— Après… plus tard… tu pourras prendre ton temps. Là, j’ai besoin de mon alpha, le supplia Lane d’une voix traînante.

Derick, qui trouvait son accent sexy, vit en réponse ses bourses se contracter au rythme des pulsations de son cœur. C’était toujours la même chose : Lane était en parfaite synchronisation avec les pensées de Derick. Ses besoins.

Penché au-dessus de son époux, il le coinça contre le matelas moelleux et s’enfonça dans son étroite chaleur moite, leur arrachant à tous deux un grognement. Des cuisses fines encerclèrent Derick à la taille, l’incitant à s’introduire plus profondément dans le canal en émoi. Leurs respirations s’accordèrent tandis que l’alpha le pénétrait davantage, ses mains glissant sous les fesses de Lane pour les malaxer d’une force égale à celle des muscles rectaux qui étreignaient sa queue.

Les mots étaient inutiles. C’était une danse qu’ils pratiquaient depuis maintes années. Remplie d’un amour et d’une passion qui jamais ne s’étaient émoussés. Ils s’imbriquaient sauvagement l’un dans l’autre, sans que jamais leurs regards ne s’égarent. Derick s’abreuvait de leur désir combiné qui imprégnait l’air et lui faisait oublier le monde entier en dehors de son petit oméga.

— Je t’aime, souffla-t-il d’une voix rocailleuse alors que son nœud gonflait et que sa semence bouillonnante jaillissait en Lane.